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L'empathie


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33 réponses à ce sujet

#16 fraisesetchantilly

fraisesetchantilly

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Posté 27 février 2008 - 13:27

Voir le messageLala, le Feb 26 2008, 11:49 PM, dit :

Je pense que l'empathie est une capacité naturelle qui se développe naturellement avec l'ouverture à l'autre et à sa sensibilité. Toutefois, il serait dommage de subir des afflux d'émotions trop importants. Je te conseille de faire les choses progressivement, d'aller vers un processus d'ouverture profond aux émotions de l'autres, mais de manière suffisamment lente pour n'avoir pas à le subir (il faut être capable d'accepter les émotions que l'on reçoit, les refuser est le meilleur moyen de voir les choses tourner mal). Ca paraît bête comme ça mais je parle d'un mouvement d'ouverture très concret, et quasiment physique, de la région de la poitrine. Et puis suit ton intuition. ;)

Je pense que c'est un processus qui doit se faire dans le temps et partant d'une envie profonde de compréhension des autres, sans céder à une envie malsaine (et souvent inconsciente) de vouloir absorber les souffrances extérieures, parfois pour aider des gens qui n'ont, après tout, rien demandé (je ne dis pas qu'aider est mal, mais j'ai l'impression qu'il y a souvent des motivations louches derrière le désir de développer son empathie). Enfin bon, là je n'ai pas l'impression que ce soit ta démarche du tout hein. :)

Merci de ta réponse.

Quand tu parles d'ouverture , pour la région de la poitrine, tu veux dire imaginer ouvrir cette zone pour aspirer les émotions de l'autre ?

Sinon, ne t'inquiète pas, les souffrances des autres, je les vois assez, j'ai pas envie des les sentir comme ça pour rien ! lol

Non, ce qui m'intéresse, c'est la vérité, le mensonge. Et tout ça pour aider les autres, que ce soit une victime ou bien un auteur, qui a fait du mal à quelqu'un.

Vois-tu ce que je veux dire ?

#17 Kalonek

Kalonek

    Kamikaze des plans subtiles

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Posté 27 février 2008 - 13:59

Précisément, je crois que Lala évoque le risque de transformer l'empathie en une aspiration des émotions des autres en soi, plutôt qu'un ressenti informatif. Cela mène alors souvent à un désir d'aider des gens qui ne l'ont pas demandé, en s'insinuant dans leur émotionnel. Je ne dis pas que c'est là ce que tu veux faire, évidemment :) Mais c'est une dérive que l'on rencontre par trop souvent chez ceux qui souhaitent développer l'empathie.
Il faut aussi voir que ressentir ne veut pas dire comprendre les tenants et aboutissants profonds des émotions et sentiments. Il vaut mieux commencer déjà par travailler sur son propre émotionnel avant de s'ouvrir très progressivement, comme l'évoque Lala, à celui des autres :)
Nous trouverons un chemin, ou nous le tracerons. - Hannibal

#18 Lala

Lala

    Supercalifragilisticexpialidocious

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Posté 27 février 2008 - 23:27

Tu as tout à fait compris ce que je voulais dire Kalonek. :)

Et lorsque je parle d'ouvrir la poitrine, c'est pour une ouverture générale à l'autre. Je ne pense pas qu'il soit très sain de chercher à absorber leurs émotions, ce qui pourrait être considéré comme une violation de l'intimité, comme le dit Kalonek (et prendre l'habitude de ça pourrait d'amener à un ressenti désordonné et non contrôlé des émotions, la création de lien énergétiques néfastes pour toi, et beaucoup d'autres choses de ce type). De plus, ressentir strictement ce que ressens une personne est le meilleur moyen pour être soi même affecté, ce qui ne me semble justement pas la solution idéale pour l'aider à aller dans une nouvelle dynamique. Lorsque je parle d'ouverture de la poitrine, j'en parle comme quelque chose de très simple permettant de mieux en mieux comprendre l'autre, et de capter ses émotions de plus en plus, mais cela suffisamment lentement pour pouvoir gérer les choses de manière équilibrée.

Pour être plus claire, en gros je différencie deux exemples d'expériences souvent mises toutes deux sous le nom d'empathie :
-  la capacité à "capter" les émotions des gens qui nous entourent à un moment donné, que j'estime n'être rien d'autre que le fait de capter les énergies qu'ils projettent vers l'extérieur, comme une sorte de brouhaha énergétique (et plus une personne est capable de se recentrer efficacement, moins elle envoie des émotions en tout genre de manière incontrôlée).
- la création d'un lien énergétique privilégié avec une ou plusieurs personnes, permettant de ressentir leurs émotions à distance, de manière ponctuelle ou constante.

Je pense que ce sont des expériences qui se font plus ou moins naturellement chez chacun, à des niveaux plus ou moins importants (et le plus souvent cela se fait de façon inconsciente). Bien entendu il est possible d'améliorer son ressenti, de le rendre plus clair (donc avec moins de doutes possibles), mais je pense qu'il est surtout essentiel d'apprendre à se faire confiance, à écouter certaines parties de soi moins mobilisées dans le quotidien. C'est pour ça que je conseille de s'ouvrir aux autres et de suivre son intuition, je pense que l'empathie est trop mystifiée et devrait être considérée comme quelque chose de bien plus simple et naturel.

#19 Spirale

Spirale

    Volute vagabonde

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Posté 28 février 2008 - 09:15

Bonjour,

Pour abonder dans le sens de Kalonek et Lala, je dirai qu'il y a pour moi deux choses différentes qui sont mises en mouvement en ce qui concerne l'empathie.
- Le ressenti de l'autre,
- notre ressenti en retour.
Après, il y a évidemment la réaction que ces deux ressentis provoque (ou ne provoque pas).

Exemple :
- Lorsque je vois un poisson hors de l'eau, je ressens son étouffement.
- Cela provoque chez moi en retour, une mise en contact avec l'idée de mort (en général), et tout un panel de choses liées à mon histoire... Si j'ai renversé petite le bocal de mon poisson rouge adoré, il y aura certainement aussi de la culpabilité qui va remonter, etc....

Pour suivre l'idée du poisson rouge, dans le cas où la blessure de sa disparition n'est pas du tout réglée chez moi, je vais me jeter sur le pêcheur pour sauver la malheureuse truite qu'il vient de sortir de l'eau... Si je réussi la truite va vivre mais en fait elle sera très peu concernée par tout ce qui s'est passé... L'histoire se sera déroulée entre moi et mon défunt poisson rouge... (Ici à l'avantage de la truite et au désavantage du pêcheur :D )

Dans ce cas précis, j'aurai à payer les conséquences :
- Si j'agis, avec le pêcheur,
- Si je n'agis pas, avec la réactivation de ma culpabilité non réglée.

Tout ça pour dire que le premier intérêt de l'empathie c'est déjà de voir où nous en sommes avec nous-mêmes et nos affaires non classées. Le premier travail, à mon avis, commence par là. Ensuite, je pense que l'on peut aider les autres, bien sûr, mais encore faut-il qu'ils soient demandeurs ou que notre intuition réelle nous le conseille, ce qui ne pourra se faire que si nous ne sommes pas impliqués par nos propres blessures...
"Nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit."
Khalil Gibran

#20 Reiki Dojo

Reiki Dojo

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Posté 28 février 2008 - 09:55

Je suis entièrement d'accord avec Spirale. Souvent les gens ont tendance à ne pas comprendre quand on explique que l'empathie est une bonne occasion de se recentrer sur soi-même et de voir ce qui ne va pas en soi, certains s'énervent même. Mais tu as très bien expliqué le phénomène  :10:
Mon site : Reiki Dojo

#21 fraisesetchantilly

fraisesetchantilly

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Posté 28 février 2008 - 10:36

Merci de vos réponses.

C'est devenu beaucoup plus clair effectivement.

y'a du boulot !  ;)

#22 dural

dural

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Posté 13 avril 2011 - 17:49

Bonjour



Il n'existe qu'une seule réflexion qui s'appelle raisonnement pour donner raison car unique à permettre de retrouver les véritables causes vis à vis des effets, deviner le passé, anticiper les effets de part les causes, deviner l'avenir, permettre une perception réelle de soi et des autres sur le moment, conscience de soi, apporter une attitude raisonnable, humanisme et accéder à tous les savoirs, la science. Ce raisonnement s'appelle LA LOGIQUE.

La logique est unique invariable universelle cyclique et éternelle car elle est l'induction qui administre l'univers et l'origine de toute création. En effet, si vous voulez savoir comment tout fonctionne dans l'univers seule la logique pourra vous apporter toutes ces réponses.

Or la logique n'est pas un raisonnement naturel, bien même tout le monde pourrait l'acquérir. Elle dépend uniquement d'une conscience de soi. En effet, détenir la science sur quelque chose est détenir la vérité sur cette chose. Le mot science est synonyme de vérité. Dans conscience de soi il signifie la détention de la vérité sur soi et dans inconscience le refoulement de cette dernière pour être remplacée par des versions préférentielles, telles je suis le plus beau le plus fort etc.

La logique porta plusieurs noms depuis que l'hominidé fut en phase de l'acquérir.

Voyance : Seul raisonnement qui peut te permettre de deviner le passé l'avenir et le présent par la lecture des psychés, empathie.
Pouvoir de magie : Pouvoir par contraction de la formule " pour voir la vérité" et magie qui signifiait la remise des choses dans l'ordre. D'ailleurs le mot "magie strat" vient de personne qui détient la magie. D'où l'obligation d'avoir un diplôme de psyché logique, psychologie, pour exercer ce métier.
Empirisme : Comme la logique permet de voir la vérité elle est le seul raisonnement à entraîner l'autodidaxie.
Œil qui voit : Pour dessiner l'intelligence, la faculté de voir la vérité, ils eurent l'essence de la symboliser par un œil qui voit tout comme le démontre la définition de la logique.

Dans la religion il était dit de Dieu qu'il était la représentation de toutes les vérités, la logique absolue, l'induction qui est à l'origine de toute création. Comme il était impossible à quiconque, même le plus grand des logiques à détenir toutes les connaissances ils attribuèrent le nom de suprême à la logique la plus importante qu'un humain pouvait acquérir. Autrement dit, en détenant l'œil qui voit tout sur Terre, la logique suprême tu pouvais t'approcher de Dieu, la logique absolue, mais sans jamais l'égaler, et devenir un messager de sa pensée, la logique sur Terre, pour les autres. Les voix de Dieu, la logique, n'étant pas pénétrables pour les communs des mortels, les alogiques ou égocentriques.

La logique est unique et invariable. Si tout le monde devenait logique demain, tous se mettraient à voir les choses de même manière et plus personne ne devrait avoir d'excuse à se disputer. La logique était donc le seul raisonnement qui pouvait ramener la paix sur Terre. Mais pour cela fallait-il convertir les âmes. Les faire passer de leur alogique naturel à celle logique, la foi en Dieu ou en la logique.

La logique est le seul raisonnement qui apporte une attitude raisonnable par ses morales. Elle devenait donc l'autorité de référence à suivre pour créer un monde civilisé.

La logique dépend de trois raisonnements.
Comportementalisme : Les gens peuvent se croire ou dire ce qu'ils veulent, ils ne peuvent pas aller à l'encontre de leur comportement, et seul ce dernier dénonce leur vraie pensée. Décrypter leur attitude est voir la vérité sur ce qu'ils pensent. Mais une acuité qui ne peut pas se parfaire sans conscience de soi.
Analysme : Interprétation des pensées par les propos sachant que les personnes ont tendance à avancer les mêmes dès lors qu'ils se retrouvent dans les mêmes situations.
Altruisme : Niveau suprême de l'empathie ou voyance car il permet de deviner le passé et l'avenir. Le truisme étant l'évidence, l'altruisme le seul raisonnement qui permet l'accès à l'évidence.

A vrai dire tout le monde peut devenir un voyant, un empathique, en récupérant sa conscience de soi, mais beaucoup se trompe pour faire l'amalgame avec le mimétisme et l'empathie. Le mimétisme est une acuité naturelle qui permet à tout bébé de refaire l'autre en l'observant. La seule méthode qu'ils ont pour s'éduquer avant de connaître le langage. Par le mimétisme on peut ressentir l'émotion de l'autre. Qui n'a pas eu envie de pleurer ou rire en regardant l'autre faire ? Cela ne veut pas dire pour autant que la personne est empathique.

Alors j'ai ouvert le site http://empathia.e-monsite.com pour expliquer comment fonctionne l'empathie comparée à la réflexion naturelle afin que chacun s'aperçoive des degrés de voyance, faculté de voir la vérité. Comment parvenir à développer ces voyances. Surtout que j'explique dans la thèse des cinq réflexions qu'un empathique peut savoir ce que pense un coupable sans éprouver d'émotion pour cette personne. Que la compassion n'est pas le moteur de l'empathie mais un effet.

En définitif si vous voulez devenir un bon voyant devenait un bon empathique car seule la logique est la voyance et uniquement l'empathie son effet.
Cordialement

#23 Jean-Pierre B

Jean-Pierre B

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Posté 20 octobre 2011 - 11:09

Bonjour à tous, je vois que l'empathie suscite beaucoup d'intérêt et j'en suis ravi.
Pour être empathique avec quelqu'un, il ne suffit pas de rentrer dans sa réalité et la comprendre, il est également nécessaire d'être dans l'acceptation inconditionnelle (ce qui ne veut pas dire être d'accord avec elle) et de ne pas être dans le jugement .
Il n'y a aucun désir louche, je suis dans la relation d'aide, non dans la relation transférentielle. Au contraire, c'est très clair.

Il y a un point sur lequel je suis d'accord avec vous    Supercalifragilisticexpialidocious, il est préférable d'avoir une petite formation "aguerrissante" et un bonne compréhension de l'empathie.
Pour ceux que cela intéresse, Carl ROGERS était un spécialiste en la matière et son livre "Le développement de la personne"   est, à mon goût insuffisamment connu.

#24 hortensia

hortensia

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Posté 21 octobre 2011 - 14:19

J’aimerais apporter mon expérience d’empathie subie depuis l’enfance :

Ce n’est pas vivre dans un monde fait d’amour, de p’tits zoziaux, mais c’est vivre dans un monde agressif où l’insécurité domine en permanence, surtout enfant.  Ce n’est pas simplement ressentir l’émotion des autres mais c’est « être » l’émotion, devenir et vivre physiquement la peur de l’autre (même par un simple regard), fusionner en quelque sorte avec les émotions des uns et des autres qui nous traversent sans arrêt, comme une vague d’énergie. C’est invivable, et ça m’a amené à fuir, à dresser des murailles, surtout quand les autres veulent se confier, déverser leur mal-être, leurs problèmes.

De temps en temps, il arrive qu’une vague me traverse, en choisissant un cadeau par exemple, je me demande si le cadeau plaira et soudain, je n’ai plus de physique, je ne suis  plus matérielle, je suis comme une énergie, je deviens la sensibilité de l’autre.


#25 Dragonbreath

Dragonbreath

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Posté 21 octobre 2011 - 15:35

@Hortensia : pour ma part j'évitais les regards des autres pour deux raisons : je ne voulais pas ressentir l'autre et comme je pensais que c'était un état 'normal' je pensais que les autres pouvaient également ressentir / voir / percevoir mes émotions/pensées. Ce qui était génant pour moi. Ne pas les regarder, c'était comme poser un mur entre eux et moi.
Mais par contre, j'avais une grande capacité à écouter l'autre, avant de me sentir vidée. Le fait de 'comprendre' par empathie ce que vivaient les autres était pour eux, assez réconfortants, mais en même temps ils se détournaient vite de moi et me coupaient de leurs cercles dès que cela allait mieux car je les 'connaissaient' dans leurs moments de faiblesses et leurs blessures aussi.

J'ai donc aussi passé des années à être superficielle et à garder pour moi ce que je savais des autres, même si parfois inconsciement je discutais avec eux de choses que je n'étais pas censé savoir ce qui les perturbaient toujours. Mais au moins être superficielle, vivre 'discrètement' et faire semblant de ne pas être la bonne personne à qui se confier c'était rassurant. Cela m'a procuré un entourage tout aussi superficiel d'ailleurs, que je n'ai plus supporté au bout d'un moment ^^. Ressentir la haine, la frustration, la tristesse était pour moi souvent insupportable. Surtout quand ces émotions m'étaient destinées.
"Passe la porte, entends le rugissement du printemps,
Que la source solitaire des illusions,
Vienne à fleurir en astres véritables
Car je suis celle qui naît de la terre
Et cependant différente de la terre,
Celle que les ténèbres ne connaissent pas
Bien que mon corps soit d'ombre pure,
Celle qui dans le magma est une lampe
Et sur la blanche cime le fond d'un abîme
Te souviens tu enfin de moi? Je suis ta mère
La force impérissable que tu appelles âme.
Je suis la Force!"
Alexandro Jodoroswki

#26 Lilly_____

Lilly_____

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Posté 21 octobre 2011 - 20:39

Je pense que souvent il s’agit plus de la faculté que tout le monde ou presque possède de se mettre à la place des autres, plus ou moins selon son vécu, son altruisme, sa sensibilité, ou bien d’avoir l’esprit assez perspicace, ou l’expérience nécessaire pour comprendre rapidement où les autres veulent en venir, cerner leurs intentions, la capacité de lire plus ou moins consciemment les signes non verbaux…
Il m’arrive très souvent d’être sur la défensive avant que la personne ne m’agresse (ce qui n‘arrange pas les choses). De ressentir très rapidement les intentions des autres à mon égard, jalousie, attirance malsaine… D’éponger les émotions, me sentir mal quand tout va bien mais que je suis en présence de quelqu’un qui est en colère par exemple. Pourtant, je ne cherche pas à fuir, au contraire, je suis quelqu’un de très à l’écoute. Quand je fais du bien à quelqu’un qui est mal, je me sens bien aussi pour elle alors… Ou dans une discussion, répondre à des questions avant qu’on ne me les pose, ce qui peut énormément irriter les interlocuteurs, sauter des chapitres dans la discussion parce qu‘on sait tout à fait où l‘autre veut en venir même s’il ne porte pas de gros sabots. Ça j’ai arrêté, il faut prendre le temps d’écouter, laisser l’autre dire ce qu’il a à dire parce qu’il en a besoin, et puis on peut toujours se tromper après tout.
Ça ne me dérange pas plus que ça, je pense même que c’est une bonne chose, et que ça nous sert beaucoup parfois, pour redresser la barre quand le navire commence à couler et que personne d‘autre ne l‘a remarqué, pour aider les autres, pour mieux sentir à qui on a affaire.
Et j’ai aussi la nette impression que ça marche dans les deux sens, qu’on communique nos propres émotions. J’en suis arrivée à craindre ce que je ressentais, à essayer de maîtriser ce que je ressentais, et même mes pensées, tellement parfois c’est flag que ça se transmet.
J’ai eu affaire à des gens que tout le monde considérait très bien, où j’étais la seule à dire que cette personne avait tel ou tel travers très nuisibles pour les autres, après seulement quelques minutes d’observation. Je ne suis pas quelqu’un qui juge, très loin de là, au contraire même, je ne parle pas de jugement, mais de ressenti. Chaque fois, il s’est avéré que j’avais raison, contrairement à l’avis de tous, alors que, croyez-moi, y a des fois où j’aurais sincèrement préféré avoir tort.
Mais ne s’agit-il pas plutôt d’une sorte de compétence sociale, de lecture du comportement et des indices inconscients que tout le monde émet au travers de ses attitudes, du ton de sa voix, de ses mimiques, de sa posture, de sa gestuelle etc et qui révèlent leur état émotionnel et une part de leur personnalité?
Une fois, je suis en cours à la fac, la prof nous demande de lire un texte. Une amie assise juste à côté de moi ressent une angoisse très profonde à l’idée de prendre la parole en public. Je ne comprends pas du tout cette angoisse, pour moi c’est vraiment pas la mer à boire, pourquoi se mettre dans un état pareil pour si peu? Quelle ironie! J’allais bientôt en faire l’expérience moi-même! Alors je me propose de le faire à sa place pour le lui épargner. Et là, voilà qu’une angoisse terrible monte en moins et que, depuis, ça date d’il y a des années, j’ai moi aussi la phobie de prendre la parole en public, alors que ce n’était pas du tout le cas auparavant. Inexplicable. Et très handicapant.
Avec mon ex, nous étions très connectés (avec beaucoup de mes ex en fait;)). Il m’est arrivé de me réveiller au milieu de la nuit en me sentant vraiment très mal, sans raison, une ou deux minutes avant de recevoir un message de lui qui signifiait qu’il allait très mal. Ou être à côté de lui la nuit, me réveiller, et me sentir très mal tout à coup, à propos d’un sujet précis qui d’un coup envahit mon esprit, et m’apercevoir ensuite qu’il était éveillé et qu’il en était exactement de même pour lui. Dire les mêmes choses en même temps quand je touche quelqu’un, quelqu’un de très proche affectivement, m‘est arrivé très souvent. Et je parle pas de trucs qu’on voyait ou qui avaient un rapport de près ou de loin avec une discussion en cours bien sûr, mais de trucs qui n’avaient rien à voir avec le film et sortaient de manière impromptue. Ça  m’est déjà arrivé aussi avec une parfaite inconnue, assise à côté de moi, tandis que je rêvassais à un truc, et qui m’a brutalement sorti tout cash exactement la même phrase complètement incongrue et hors contexte que j’étais en train de penser. Mais ça c’est plus de la télépathie je pense.  
Ah oui, ça me fait penser à une autre fois où j’assistais à une séance de groupe avec un moine tibétain, une amie m’y avait emmenée pour me montrer comment ça se passe. Tout se déroule très bien. Puis, à la fin, on s’en va et là, je ressens une agressivité immense monter en moins envers mon amie, une colère brûlante. Mais je n’avais absolument aucune raison de ressentir ça! Absolument aucune! Jamais vécu un truc pareil (heureusement). Envers mon amie en plus, que j’aime tant, qui est si adorable, si ouverte, si géniale (c’est mon amie hein ;)). Incompréhensible! Je n’arrivais pas à le maîtriser…

Modifié par Lilly_____, 21 octobre 2011 - 20:43.


#27 hortensia

hortensia

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Posté 22 octobre 2011 - 11:15

Dragonbreath  -> j’ai vécu exactement la même chose que toi pendant des années. Par contre, je n’ai jamais pensé que les autres pouvaient ressentir mes émotions. En fait j’avais surtout l’impression d’être transparente, d’être une éponge comme tu dis.  

Lilly -> je pense aussi que chacun, suivant sa sensibilité, en se mettant à la place de l’autre, peut ressentir les émotions et c’est vrai que plusieurs choses entrent en jeu (les signes non verbaux comme tu précises). Mais là je parle de la vague d’émotion qui submerge tout l’être, qui fait oublier qui on est,comme lorsque tu parles de l'aggressivite ou de la colère que tu as vécue sans comprendre pourquoi ça te "tombait dessus".

Ce qui m’a fait témoigner de ma propre expérience, c’est l’agacement de lire un peu partout que l’empathie c’est vivre dans un monde dégoulinant de bons sentiments, plein d’amour  pour son prochain, alors que je considère les autres exactement comme moi, on vit tous les mêmes problèmes à des degrés divers, à des moments divers, et surtout je ne peux pas dire que j’aime les autres ni que je ne les aime pas, je ne me situe pas dans le manichéen aimer – pas aimer.

#28 Dragonbreath

Dragonbreath

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Posté 22 octobre 2011 - 15:20

@Hortensia : Pour ma part je dis : je ne déteste personne. Ce qui est déjà un grand pas :D
L'empathie c'est une faculté comme une autre. après tout dépend ce qu'on en fait. Tout dépend aussi ce à quoi on tend. Ce n'est pas parce qu'on est empathe qu'il faut éponger le monde entier ^^
Quand on la maitrise on peut la plupart du temps choisir de s'en servir ou pas. De se couper de l'autre. Ou au contraire prendre sur soit quand c'est nécessaire.
Je rejoins néanmoins Dural sur le fait qu'être empathe ne nous oblige pas à être dans la compassion. Mais être empathe ne signiefie pas non plus être dans la lecture de l'autre. Ces deux aspects sont plutôt deux applications que l'on peut faire de l'empathie.

En discutant avec divers thérapeutes, j'ai pu constater qu'ils utilisent l'empathie de la même manière que moi (parce que c'est logique et du bon sens) :
On utilise l'empathie pour l'écoute et la compréhension de l'autre, sans pour autant prendre sur nous ses émotions. On est dans la compassion, pas dans la pitié. On canalise on ne se vide pas de son énergie / rempli pas des énergies de l'autre.
On utilise aussi l'empathie pour ressentir les points à travailler. On va sentir un léger tirraillement ou piqure ou petite douleurs très brève à l'endroit du corps où la personne a besoin qu'on s'y attarde.

Au boulot, on peut aussi utiliser l'empathie dans :
- le managment : on se connecte on ressent l'émotion de l'autre et ainsi on es en mesure d'agir en fonction de la situation émotionnelle de la personne.
- le recrutement : on parvient à détecter si la personne convient au poste, son état émotionnel (qui donne une bien meillure lecture du candidat)
- Le travail au quotidien : on arrive mieux à gérer son entourage.

Ce n'est pas non plus une clé du succès hein, faut savoir gérer quand on sent en face la mauvaise foi, l'envie, la jalousie, la colère, le manque de motivation, l'espoir, l'égo ^^
"Passe la porte, entends le rugissement du printemps,
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Car je suis celle qui naît de la terre
Et cependant différente de la terre,
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Bien que mon corps soit d'ombre pure,
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Alexandro Jodoroswki

#29 ToutSePasse

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Posté 23 octobre 2011 - 18:20

Je suis content de pouvoir m'ajouter à cette conversation, car comme la plupart d'entre vous je n'ai quasiment jamais parlé de cette hypersensibilité effective depuis ma naissance qui permet de me définir comme empathe.

Je remarque que l'on a tous nos propres mots pour parler de nos ressentis, mais beaucoup d'entre eux s'entrecroisent!
A l'instar de la sensation "d'éponger" les sentiments d'autrui, pendant une bonne période de ma vie (de mon enfance à la fin de l'adolescence), je me sentais la plupart du temps étranger à ma propre énergie émotionnelle, et les seuls moments ou j'y avais accès étaient ceux ou j'avais l'occasion de me retrouver isolé et seul (dans la nature surtout, loin de l'agitation). Toutes les situations ou je fus entouré de beaucoup de personnes m'étaient insupportables ce qui m'a conduit à une agoraphobie que j'ai pu guérir petit à petit.

L'afflux des émotions que l'on est incapable de contrôler car on ne sait comment le processus fonctionne est très désagréable en effet. Je tends à faire le lien avec le livre d'A. Camus "L'étranger". Durant un temps, j'avais à peu près la même façon de faire que l’antihéros Meursault. Peu d'initiatives sociales et émotionnelles s'extériorisaient de ma personne, je me laissais aller par le flux de sentiments extérieurs.

Il y a à peu près 2ans, j'ai développé petit à petit avec un entraînement constant une "barrière mentale" me permettant d'être imperméable aux informations électromagnétiques et énergétiques des émotions d'autrui. Maintenant, j'arrive à choisir à volonté quand je veux m'ouvrir aux fréquences des autres, ou quand je souhaite rester avec moi-même.

Je ne sais pas comment vous ressentez les émotions d'une foule autour de vous, par exemple dans les transports en commun. Personnellement, je "m'amuse" à lever ma barrière pendant une courte période lors des trajets en tramway bondés afin de ressentir un "concerto d'émotions". S'il y a une majorité de sentiments négatifs (tristesse, stress, impuissance ...) je referme tout de suite car cela influe automatiquement sur mon état d'esprit. Au contraire, si la majorité des personnes sont positives (en soirée, la plupart du temps), c'est un véritable "régal", cela me donne une impression d'être connecté à un tout ou le mot d'ordre général est : "profitons de la vie"!

Pour revenir à ce problème de construction personnelle lorsque l'on est empathe, j'ai pu contrôler cette hypersensibilité grâce à la compréhension (assez lente chez moi, j'étais très perturbé par ces constants ressentis extérieurs que je n'ai presque jamais extériorisés) et la logique, comme vous disiez, afin de comprendre ce système sensitif très abstrait.

Il y a peu, je me suis rendu compte qu'une amie avait la même capacité, c'était la première fois que j'en parlais avec quelqu'un. Elle voit l'empathie comme un problème qui lui pourri certains moments de sa vie. C'est à ce moment là que je me suis obligé à positiver en m'obligeant à voir l'empathie comme quelque chose de très utile afin de lui faire partager cette vision. (c'est toujours en cours)

En ce qui concerne l'aide aux personnes/proches troublées par des sentiments négatifs, je n'ai jamais eu l'impression d'éponger, lorsque je ressens quelque chose de négatif très fort chez quelqu'un, ma nature m'oblige à l'aider en introduisant petit à petit mon ressenti pour la faire parler, et c'est à ce moment que je peux comprendre et "diffuser" des émotions positives pour couvrir les siennes. Ce processus que j'ai appliqué quelques fois passe avant tout par la parole, le regard, les sourires... mais aussi par une visualisation intérieure : tout en me focalisant un max sur l'individu, je m'imagine un tunnel entre lui et moi dans lequel je fais passer des émotions douces, calmantes et joyeuses.
Lorsque je "synthétise" ces sentiments de bien-être, j'active volontairement une sensation de plaisir au niveau du plexus solaire. (dont je situe le ressenti entre le bâillement et les frissons, avec une petite montée de température dans le corps).

A côté de nos recherches personnelles, la science a commencé à mettre en lien l'empathie avec des régions de notre cerveau, depuis la découverte des neurones miroirs en 1990.  Je vous laisse un article intéressant là-dessus.

article

Intéressant de voir que les scientifiques commencent à mettre en lien avec les processus de mimétisme et d'abstraction l'imagination. Mais ils ne s'avancent toujours pas sur la réelle captation des ondes énergétiques que l'on émet  -_-

Modifié par ToutSePasse, 23 octobre 2011 - 18:23.


#30 hortensia

hortensia

    Membre éthérique

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Posté 24 octobre 2011 - 16:44

Bonjour,

ToutsePasse, moi aussi, j'ai été longtemps ballotée entre les émotions des uns et des autres sans réussir à reconnaître mes propres émotions. J'ai eu, également, une période, pendant l'adolescence où je ne sortais plus de chez moi, sauf pour les cours, le monde extérieur étant trop agressif pour moi.

Aujourd'hui je suis "blindée", je n'ai pas envie d'enlever, même un court instant, mon blindage pour aider les autres.

Je subis toujours de temps en temps ces vagues d'énergie qui me font devenir l'autre. Pour moi, c'est réellement une énergie, si je m'en tiens à mon expérience mais pour d'autres personnes c'est peut être différent.





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