Aller au contenu


Les drogues ?


  • Vous ne pouvez pas répondre à ce sujet
45 réponses à ce sujet

#16 aurinko

aurinko

    Fils du soleil

  • Membre
  • 271 messages
  • Sexe:Homme

Posté 06 mars 2005 - 13:31

Bonjour

J'ai participé il y a quelques jours justement a une initiation chamanique avec l'ayahuasca, il faut preciser que j'ai mis du temps a me decider à vivre une telle experience et qu'au debut je n'etait pas du tout partisans de ce genre de pratique. Ce qui m'a fait changer d'avis, c'est le temoignage d'un ami qui a une grande experience avec les plantes chamaniques ainsi que la lecture du livre de jeremy narby ; ainsi que le fait que l'ayahuasca est utilisé depuis des milliers d'années dans un cadre spirituel.
Je precise qu'avant cette experience je n'avais jamais pris la moindre substance hallucinogene de pret ou de loin.
Plutot que de grand discours un temoignage est encore le mieux :

Rituel ayahuasca  - La danse des serpents

Début de la séance

Grande appréhension avant de prendre la plante pour la première fois, j’ai le cœur qui bat la chamade, finalement je suis plutôt agréablement surpris, le fameux breuvage se laisse ingérer facilement.

Au début je ne ressent absolument rien ce qui provoque en moi une grande frustration. 1 heure passe et je me rend compte que la rêverie familière des états frontière veille sommeille est teintée d’une couleur toute chamanique, je perçois flash après flash des images typique de cérémonie chamanique, un indien, un rituel en cercle avec des tambours….et petit à petit je me laisse transporté par cette énergie...

Deuxième ingestion de la plante :

Apres cette deuxième ingestion la plante me gratifie de vision de plus en plus importante et rapprochée même si assez incohérente, ma conscience plonge dans un univers de vert intense, de lianes, de feuillages entremêlées et petit a petit apparaissent mes compagnons qui ne vont plus me quitter de toute la séance : les serpents

Mon champ de vision est maintenant occupé par d’immense serpent de toute nature, des serpents d’allure relativement classique, des serpents a plumes, des serpents ailés, une sorte de dragon ailé, ces visions m’impressionnent, les serpents sont majestueux, puissants, et pleins de forces et curieusement moi qui ai une peur bleue de ces animaux, je ne ressent pendant le rituel aucune crainte, je sais que je ne risque rien, ce ne sont pas des ennemis.

Toutes ces visions baignent dans une luminosité fluorescente de bleu de vert de jaune…..les serpents étant constitués d’une matière mi physique mi etherique enfin c’est comme cela que je les perçoit.

4 serpents se détachent, immense, par moment je les perçoit a l’échelle du cosmos plus grand que la terre, je sais intuitivement qu’ils sont les gardiens du savoir et de la connaissance ancestrale, je me sens en totale sécurité, je ressent de l’amour et de la protection de leur part comme une sorte d’énergie paternelle, je suis émerveillé et pleins d’émotions face à ce spectacle.

D’autres visions fugitives s’imposent a ma conscience en même temps :

Pendant quelques secondes je perçoit dans un décor amazonien a mes pieds des milliers de petit serpents noirs qui grouille, je n’ai aucune peur et instantanément ces serpents se transforment en lianes qui grimpent jusqu’au ciel pour éclorent dans de magnifiques fleurs.

Par moment je ressent des serpents qui danse et s’entrecroise autour de mon corps nu, et la encore aucune peur, tout me paraît parfaitement naturel.

Troisième ingestion de la plante :

A partir de ce moment je perds un peu conscience sans doute du a la fatigue et au sommeil

Je reprend conscience en observant fasciné se dessiner devant mes yeux des arcs de lumière, j’ai du mal a trouver les mots pour décrire ce que j’observe, comme des rayonnements intense de lumière.

Cette phase de mon expérience est la plus intense et la plus profonde et aussi la plus déconnecté du mental

Juste après cette vision de lumière je plonge dans un tableau d’un vert fluorescent intense représentant pour moi la quintessence du monde végétal, cette vision me subjugue et j’ai la pleine conscience d’avoir accès à un monde inconnu et mystérieux

Plusieurs tableau se succède ainsi dont je n’ai pas gardé malheureusement une totale conscience, mais ce sont des mondes qui sont a la frontière de monde connu et inconnu ; je suis plongé dans un océan de forme géométrique de toute les couleurs, de vibrations lumineuses, c’est un spectacle de toute beauté. Je me souviens d’avoir pénétré l’écorce d’un arbre jusqu'à sa substance atomique….

Mon champ de vision est parcouru pendant quelques secondes par des ondulations de lumiere d'une couleur arc en ciel.

Emporté par mon enthousiasme je m’adresse aux quatre serpents et leur demande d’effectuer un travail thérapeutique. Je leur demande aussi de me connecter a différents espace énergétique et a des consciences de certains maîtres, j’ai le sentiment de recevoir des réponses dans un langage énergétique qui a la fois ne veut rien dire, et a la fois me satisfait pleinement ; et a chaque réponse l’environnement change et je suis transporté dans des fréquences lumineuses et géométriques différentes dont il m’est difficile de restituer une description car a ce moment la ma conscience était très altérée

J'ai retrouvé a certains moment dans ce rituel, des énergies que j'ai toujours utilisé de façon spontanée dans mes séances de flow, c'est à dire des transmissions d'énergie sous forme de figures géométriques colorées.

Je me souviens avoir vu presque par mes yeux physique une sorte d’univers matriciel, un quadrillage souple en mouvement devant mes yeux, cette vision m’a marquée mais je ne sais pas trop pourquoi !

Dans le rituel a certains moment j’avais une telle conscience que j’avais le temps de me faire des réflexions du style, « mais c’est incroyable ce truc lol »

J’ai réalisé a ce moment la le lien qu’il y avait entre ces serpents et l’énergie de la Kundalini, je la sentait dans mon corps. Pendant les visions les plus forte l’énergie de la Kundalini s’activait dans mon corps.

J’ai eu aussi des visions ou je voyais les lianes de la plante prendre racine dans mon corps et dans mon cerveau, je sais que maintenant la plante fait partie de moi et que j’ai connecté un univers qui ne demande qu’a être exploré dans l’avenir.

Je me rends compte qu’il y a un lien très fort entre le travail que je fait sur la Kundalini avec le phosphenisme et l’univers que m’a révélée la liane notamment par l’énergie des serpents dont je me rends compte que j’avais commencé à travaillé avec elle avec le travail gyrascopique.

Ce rituel m’a réconcilié avec les serpents J

Je me souviens aussi qu’a un certain moment, avec certitude, qu’il n’était pas nécessaire que je reprenne du breuvage et à d’autre moment qu’il fallait que j’en reprenne.

Dans la suite de la nuit j’ai repris deux fois de la plante, et je me suis laissé porté par une douce énergie et ma conscience était bercé par le souvenir des visions précédemment décrite et par la présence des immenses serpent qui ne m’a pas quitté pendant le rituel et qui continue d’ailleurs a être présent dans ma conscience pendant que j’écris ce texte (6 heures après la fin du rituel)

J’ai terminé le rituel dans un sentiment d'exaltation intense et de joie avec beaucoup d’émotions et d’une certaine fascination par rapport à ce que j’ai vécu.

En dehors des effets sur la conscience j’ai noté que la plante a travaillé profondément sur le corps, notamment estomac et intestins.

Fin de la séance
« To learn, read. To know, write. To master, teach. »


#17 Kalonek

Kalonek

    Kamikaze des plans subtiles

  • Administrateur
  • 10 346 messages
  • Sexe:Homme

Posté 06 mars 2005 - 13:55

Merci pour ce témoignage de première main des plus intéressants aurinko ! :yes: Mais tu as fait le rituel tout seul ou bien avec un chaman pour te seconder ?
Nous trouverons un chemin, ou nous le tracerons. - Hannibal

#18 aurinko

aurinko

    Fils du soleil

  • Membre
  • 271 messages
  • Sexe:Homme

Posté 06 mars 2005 - 15:13

J'ai fait ce rituel en groupe avec une personne qui connait des chamans en amerique du sud, ou elle organise regulierement des voyages et donc ramene de la plante en france
Le rituel se deroule par une presentation de la plante et ensuite pendant toute la nuit on est accompagné par des chants chamanique et des prieres
Je considere que lorsque l'on prend des plantes de ce genre il est tres important que l'energie qui entoure le rituel soit bonne car cela conditionne les experience que l'on va vivre.
Car derierre les effets de la plante d'un point de vue chimique, on travail avec l'ame de la plante et cela ressort tout a fait pendant le rituel d'ou l'importance de l'accompagnement.

A+
« To learn, read. To know, write. To master, teach. »


#19 Jet

Jet

    Membre mental

  • Membre
  • 395 messages
  • Lieu:Montauban

Posté 07 mars 2005 - 23:19

C'est vraiment incroyable,  grand témoignage c'est sur. Ca fait un moment que j'ai vraiment envis de vivre une experrience de la sorte mais bon j'arrive pas à me lancer (la peur sans doute). Ce qui est vraiment étrange c'est qu'en plus aujourd'huit j'y ai pas arreté d'y pensé et la sa me fait tres bizarre d'etre tombé sur ton temoignage lol
En tout cas merci infiniment de nous en avoir fait part  :)
Le surnaturel d'aujourd'hui est le naturel de demain

#20 sulanjyo

sulanjyo

    guthis

  • Membre
  • 70 messages
  • Sexe:Homme
  • Lieu:banlieue de paris

Posté 08 mars 2005 - 12:08

très interessant ce temoignage aurinko !
c'est vrai que moi aussi je suis partagé quant à l'utilisation de plante, j'ai tellement entendu de témoignages qui ont mal tourné... pourtant j'ai une petite expérience qui a été bénéfique: des africains lors d'un salon l'ont donné de la poudre d'une plante gabonnaise qui m'a mis dans un état de paix et d'amour très fin... mais je n'ai pas été jusqu'à avoir une conscience très altérée... c'est ça qui m'inquiète en fait; car j'ai remarqué que lors de l'endormissement si je plongeais dans mes vieux démons cela se passait très mal... je pense qu'il faut avoir l'inconscient déjà bien nettoyé avant de tenter des expériences puissantes...
merci en tout cas aurinko, ça donne de l'espoir ton témoignage

sul
sulanjyo, pan-errant à grelots, dans la forêt profonde, au milieu de la riche verdure d'une clairrière isolée, assis sur une lourde et belle "pierre à pleurer "...

#21 aurinko

aurinko

    Fils du soleil

  • Membre
  • 271 messages
  • Sexe:Homme

Posté 08 mars 2005 - 13:32

tu sais dans n'importe quelle domaine ca peut mal tourner, tu prends un virage trop vite en voiture tu te retrouves dans le decor.
Tu manges trop, c l'indigestion etc....

Il faut connaitre les regles quand on s'aventure dans un domaine que l'on ne connait pas

une semaine avant le rituel j'ai eu une alimentation exclusivement vegetarienne, j'ai beaucoup médité, j'ai evité d'ecouter les infos pour ne pas etre dans de mauvaises energies.
Le jour du rituel je me suis bien centré, j'ai demandé a mes guides de m'accompagner pendant la séance.
En prenant le breuvage, je me suis adressé à la plante en lui demandant d'agir pour le meilleur, pour mon evolution superieur et celle de la totalité.

Voila et ca c'est tres bien passé, bon maintenant, si t'es en pleins stress, tu fumes un petard et ensuite tu prends de l'ayahuasca je garantis pas les resultats !

A+
« To learn, read. To know, write. To master, teach. »


#22 Gauthier

Gauthier

    Membre éthérique

  • Membre
  • 62 messages
  • Lieu:Au chiottes (mais... à Lyon)

Posté 08 mars 2005 - 19:50

J'adore ce que tu as employé comme mot, aurinko :)

Le mot énergie est pile celui qu'il faut, puisque si tu as vu des indiens, c'est qu'une énergie collctive t'a investi :)
Merci beaucoup pour ton témoignage
Mon père, vivait d'amour et de bière...

moi la bière me suffit...



un proverbe chinois dit que lorsqu'on n'a plus rien à dire, on cite en général un proverbe chinois :)

#23 Dea

Dea

    Visiteur

  • Membre
  • 19 messages

Posté 18 mars 2005 - 03:53

Un texte interessant sur le sujet...

Citation

Chez les Indiens
la drogue structure,
chez nous
elle détruit...

Par Michel Perrin
Ce texte est paru dans Le Temps stratégique No 12, printemps 1985.

Lorsqu'un phénomène angoisse profondément - ainsi la toxicomanie - il faut tout faire pour le comprendre, l'exorciser, s'en rendre maître enfin. Pour y réussir il faut se distancer d'abord de ce qui nous fait peur: oser des comparaison, dans l'espace ou le temps, risquer des analogies, marquer les différences. C'est le défi que nous avons proposé à Michel Perrin, ethnologue.

Michel Perrin, ethnologue, membre du Laboratoire d'anthropologie sociale du Collège de France (Paris), est l'auteur de plusieurs livres, dont Le chemin des Indiens morts, mythes et symboles Guajiro (Paris, Payot, 1976, réed. 1983) et Dictionnaire d'ethnologie, en collaboration avec M. Panoff (Paris, Payot, 1973). Il prépare actuellement un ouvrage sur le chamanisme.

Dans les sociétés dites "primitives" la drogue est souvent associée au "sacré". Par exemple pour les indiens guajiro du Venezuela, avec qui je travaille depuis plus de dix ans, les infortunes frappant les hommes sont le fait d'êtres aux pouvoirs surhumains, dits pülasü - qu'en Occident nous appellerions créatures surnaturelles, dieux ou esprits.

Les chamanes sont censés communiquer avec ces créatures surnaturelles pour en obtenir qu'elles guérissent les malades, fassent tomber la pluie ou revenir le gibier. Mais pour entrer en communication avec elles, les chamanes doivent eux aussi devenir pülasü, et ingérer à cette fin une substance pülasü, c'est-à-dire une drogue, en l'occurrence du jus de tabac à très haute dose.
La drogue conduit
les indiens dans
un paysage qui
leur est familier

Les Guajiro considèrent donc la drogue non seulement comme une substance capable de "disloquer" leur perception normale du monde mais aussi comme un véhicule transportant à volonté le chamane dans un "ailleurs" où résident les êtres surnaturels. Dans d'autres sociétés, ce voyage sera obtenu sans drogue, au travers de techniques corporelles: danse, jeûne, immobilisation prolongée, etc.

La plupart des Occidentaux tendent à considérer que ces "ailleurs" sont de simples effets des substances chimiques absorbées. Or, manifestement, il n'en est rien. Toutes les cultures pratiquant ce type de communication spirituelle disposent de termes ou de métaphores grâce auxquels leurs hallucinés peuvent décrire leurs pérégrinations dans le "monde surnaturel": en d'autres termes, le voyage est modelé, souvent inconsciemment, par les représentations culturelles de ceux qui l'accomplissent, par l'univers de signes et de symboles qui est leur mythologie. Cet "encadrement culturel" est si fort qu'à tout le moins il relègue à l'arrière-plan les effets purement chimiques de la drogue. On a des preuves. Les Guajiro, comme les Warao, autre population indienne du Venezuela, usent du tabac pour communiquer avec le surnaturel. Or leurs visions hallucinées, les rencontres qu'ils sont censés faire dans leur voyage, leurs mythologies enfin, sons fort éloignées. Inversement, les Piaroa vivant dans le bassin de l'Orénoque et les Tukano du bassin du Vaupès, qui utilisent deux alcaloïdes dont les effets psychédéliques - sinon les structures moléculaires - sont assez différents (les Piaroa absorbent le yopo, légumineuse contenant un hallucinogène du groupe des tryptamines, les Tukano le yagué, boisson contenant de l'harmaline) décrivent leurs "voyages" en termes culturels et mythologiques très proches.

On pourrait, bien sûr, se demander également si certains aspects de la mythologie, de l'art, bref des activités intellectuelles des peuples consommateurs de drogue, découlent de cette consommation. Sans doute, dans une faible mesure, mais à ce jour aucune étude n'a pu en apporter une preuve convaincante. Pour Claude Levi-Strauss, "les hallucinogènes ne recèlent pas un message naturel, dont la notion même apparaît contradictoire; ce sont des déclencheurs et des amplificateurs d'un discours latent que chaque culture tient en réserve et dont les drogues permettent ou facilitent l'élaboration".

Même dans les modifications de comportement social que provoque la drogue, le "culturel" l'emporte sur le "naturel": ainsi la fameuse amanite muscarienne (Amanita muscaria) qui suscite, dit-on, des comportements pacifiques dans la population sibérienne des Koriak, aurait été associée chez les Vikings à la "fureur berserk", accès de violence assassine et suicidaire culturellement déterminée.
Avec la drogue,
l'Occidental n'a aucun "ailleurs"
où aller...

En Occident, nombreux sont les adeptes des drogues hallucinogènes qui évoquent la "dimension mystique" à laquelle ils ont accès, disent-ils, grâce à elles. Hypersensibilisés, ils affirment communiquer directement avec la nature et le cosmos, perçus comme anthropomorphes.

Considérée ainsi, la drogue semble donc être, comme pour les indiens, un véhicule. Mais, dans les cultures occidentales il n'existe pas un "ailleurs" bien défini où ce véhicule permettrait de se rendre, même si tout un vocabulaire a surgi pour exprimer les effets du voyage ("vibration", "flip", "stone", etc.), même si certaines musiques, poésies ou peintures sont censées en déterminer le cours. Le voyage, dans nos sociétés est infiniment moins structuré que dans les sociétés traditionnelles. Il nous est en quelque sorte "extérieur".

Ce qui permet à chaque groupe social, en Occident, de tenir sur la drogue, ses effets et les raisons de sa consommation, un discours qui reflète ses valeurs culturelles spécifiques qu'elles soient "populaires", "bourgeoises", "intellectuelles" ou autres. Ainsi par exemple les chantres de la culture "underground" assuraient que la toxicomanie allait permettre l'expérience de valeurs nouvelles - le rêve, le nomadisme, le retour à la nature, etc. - qu'ils définissaient évidemment par opposition aux idéaux alors dominants.
Chez les indiens
l'usage de la drogue
est strictement
codifié

Dans les sociétés traditionnelles, l'usage de la drogue, comme d'ailleurs l'accès au surnaturel, est très codifié. N'y sont autorisés que quelques personnes bien définies (le chamane, le sorcier, le prêtre, etc.) ou alors des groupes restreints dans des occasions très spécifiques: initiations, rituels, fêtes annuelles. Enfreindre les règles, c'est susciter une punition "sacrée". Chez les Guajiro, boire le jus de tabac sans droit, c'est risquer une maladie grave, punition infligée par les êtres surnaturels.

Le droit à la drogue est donc un signe distinctif qui peut, dans d'autres sociétés, séparer les initiés des non-initiés, les vieux des jeunes, les hommes des femmes, ceux qui ont le pouvoir de ceux qui ne l'ont pas. Par exemple, dans la société inca, l'usage de la coca était réservé aux prêtres et aux "curaca", les chefs locaux; tout manquement à cette règle, parce qu'il était une atteinte à leur autorité, était puni. Dans de nombreuses sociétés, enfin, la drogue est associée au travail. Chez les Guajiro, la consommation d'alcool accompagne et encourage les travaux collectifs. Au Pérou, la coca semble avoir servi, depuis l'époque coloniale, à faire travailler les indiens en dépit de la faim.

En revanche, dans nos sociétés occidentales, les comportements sociaux face à la drogue sont très variables - est-elle bonne, néfaste, tolérable? Aucun point de vue fixe. Suivant leur situation dans la société, les uns font l'éloge de la drogue: force créatrice, qui élève l'âme et assure l'indépendance, les autres la maudissent: force de destruction, de déchéance, de dépendance.

Même les législateurs sont peu sûrs de leur fait. En 1937, par exemple, le Congrès américain interdit la consommation de marijuana qu'il jugeait encore criminogène. En 1965, il la condamne non plus comme criminogène mais comme antisociale; il l'associe alors aux attitudes "subversives" des non-violents.

Il y a là, soit dit en passant, confusion entre les défauts attribués à une minorité et les effets supposés de la drogue que tous ses membres sont censés consommer. Ce qui permet de penser que ceux qui dénoncent la consommation de drogue le font parfois, consciemment ou non, pour vouer un groupe entier à la réprobation sociale: il semble que tel fut le cas lorsque les États-Unis, au début du siècle, prohibèrent l'usage de l'opium, associé dans l'opinion avec la communauté chinoise, jugée "contaminante", mais qui, surtout, était ressentie comme dangereusement concurrente sur le marché du travail.
Chez nous, la drogue
est tantôt louée,
tantôt maudite,
elle obéit
aux modes...

Plus symptomatique encore, peut- être, le discours des médecins sur la nature épidémique de la toxicomanie (ne parlent-ils pas de "contamination", "prédisposition", "terrain à haut risque", etc.?). En effet, si la toxicomanie est épidémique et donc contagieuse, il en découle logiquement que le toxicomane, deve-nu véritable symbole de toutes les valeurs négatives d'une société, doit être socialement "contrôlé".

Mais la drogue dans nos sociétés, parce qu'elle est précisément un signe sans cesse changeant, peut aussi être rejetée par un groupe qui la consommait, si elle se banalise, et qu'elle ne leur permet plus de se démarquer. Ainsi du cannabis qui, aux États-Unis, s'est généralisé au point que certains États ont même songé à le légaliser: les groupes qui en faisaient un signe de leur marginalité semblent en train de l'abandonner, en quête de nouveaux moyens de se distinguer.

Cette perspective, si elle est exacte, permet de penser que répression ou libéralisation de la consommation de drogue pourrait bien avoir des résultats exactement contraires à ceux que l'on en escompte, et que l'escalade ou la chute de la courbe de toxicomanie pourrait obéir à des lois paradoxales.

Tous ces éléments suggèrent que nos sociétés se préoccupent moins des drogues pour leur toxicité que pour ce qu'elles y voient de défi à l'ordre social. La preuve banale en est que des produits qui, comme l'alcool, font, quantitativement, bien plus de ravages que la drogue, ou, comme les médicaments tranquillisants, coûtent globalement bien plus cher, sont en vente libre; c'est que ni l'alcool ni les tranquillisants ne sont perçus comme "subversifs". Il faut rappeler aussi que la drogue sous toutes ses formes est, dans les sociétés occidentales, un bien économique important - qu'il s'agisse d'alcool, de médicaments, ou de drogues interdites enrichissant gros producteurs et trafiquants internationaux. Dans l'histoire récente, l'administration coloniale française prescrivait même la vente de quantités minimales d'alcool et d'opium en Indochine, pour le bien du Trésor; l'Angleterre déversait les surplus de sa production de whisky sur les populations australiennes et mélanésiennes.
Se droguer devient
parfois un acte
de rébellion
contre les Blancs

Dans de nombreuses sociétés colonisées par l'Occident, des mouvements dits "messianiques" ou "nativistes" se sont développés depuis longtemps, qui, dénonçant la répartition inégale des richesses, et le décalage énorme qui existe entre les valeurs proclamées par les Occidentaux et leurs pratiques colonisatrices, réclament l'avènement d'une "société nouvelle" ou le retour à un "état originel" jugé supérieur.

Ces mouvements prônent souvent l'usage de la drogue ou de techniques corporelles provoquant un état de perception extraordinaire, pour faciliter la prise de conscience de leurs adeptes et répandre plus aisément leurs idées. Ainsi, le mouvement des Tupi-Guarani d'Amérique du Sud, pratiquant danses et jeûnes intenses afin d'atteindre la "Terre-sans-Mal"; celui de nombreux groupes indiens d'Amérique du Nord recourant au peyotl et à la "Danse-du-Soleil" pour exprimer leur rébellion contre la société américaine; celui des indiens du Pérou qui, au XVIIIe siècle, se rallièrent à la religion syncrétique et rebelle de Santés Atahualpa, qui prônait l'usage généralisé de la coca; celui des indiens Tukano qui, vers 1850, se livrèrent à des beuveries et des flagellations à l'appel de l'un d'eux, qui se disait émissaire de Dieu.

Aux Nouvelles-Hébrides, l'ingestion excessive de kava (Piper methysticam) stimulait les zélateurs du "cargo", mouvement contestataire déclenché, au milieu de ce siècle, par des prophètes indigènes. Les exemples sont infiniment nombreux. Le dernier en date étant peut-être le mouvement de rébellion suscité dans les Caraïbes par Bob Marley...

Dans tous ces cas, la drogue n'induit plus un "voyage psychédélique", mais tout au contraire menace l'ordre social, en stimulant la contestation, ou l'expression ouverte du désespoir. Elle est devenue un catalyseur. Son mode de consommation en est profondément modifié; le rituel ancien est subverti, remplacé par un usage nouveau, impliquant fréquemment une ingestion abusive, par un nombre croissant de personnes.
La drogue "intello"
recule - mais la
drogue "populaire"
se répand...


En Occident, intellectuels et artistes ont invoqué volontiers aussi cet effet "désinhibant" et dynamisant de la drogue. Baudelaire et d'autres écrivains du XIXe siècle demandaient au haschich et à l'opium de les aider à créer. Les écrivains américains de la "contre-culture" préconisent la drogue comme moyen d'accéder à une conscience nouvelle. (En revanche la toxicomanie des classes modestes est vue comme une "déchéance" justifiant un contrôle social).

La grande vague de toxicomanie qui a commencé en Europe autour de mai 68 obéit en fait au modèle américain de la "contre-culture". Elle s'est développée essentiellement en milieu lycéen et étudiant. Des chercheurs ont suggéré une explication sociologique à ce phénomène. Les jeunes qui ont eu recours à la drogue appartenaient pour la plupart à un milieu social relativement homogène, disons bourgeois et/ou intellectuel.

L'hypothèse est que ces jeunes ont perçu alors, plus ou moins consciemment, que la réussite sociale à laquelle ils étaient théoriquement promis allait se heurter à un nouveau contexte socio-économique. Leur pressentiment de déclassement et de frustration se serait alors traduit par un rejet de la culture de leurs aînés, exprimé et stimulé à la fois par l'usage de la drogue.

Se droguer aurait été pour eux le signe qu'ils appartenaient à une classe d'âge "libérée" et "inspirée", et qu'ils entendaient, grâce aux perceptions extraordinaires que permettent les hallucinogènes, accéder à une mentalité nouvelle, très différente de celle de leurs aînés.

Mais l'ordre social n'a pas été bouleversé, aucune culture nouvelle ne s'est imposée, l'usage de la drogue comme signe de libération et de contestation devrait donc s'estomper. D'autant que les générations actuelles de jeunes gens, plus contraints, nourrissant moins d'illusions, sont mieux adaptées à la situation socio-économique critique prévalant aujourd'hui en Occident.
Par ailleurs, la "mode" de la drogue s'est répandue, s'est "démocratisée"; sa valeur de signe distinctif s'est donc effritée. La toxicomanie affecte désormais les milieux bourgeois adultes et, surtout, les jeunes des "milieux populaires" qui expriment sans doute, par la drogue, l'alcool, la violence, leur angoisse face à une crise économique dont ils sont les premières victimes. C'est là une raison de plus pour penser que le milieu lycéen et étudiant cherchera bientôt de nouvelles manières d'être différent.

Malheureusement, aucune statistique n'a été compilée qui permette de savoir si l'augmentation actuelle du nombre absolu de toxicomanes reflète une hausse de la consommation dans toutes les couches de la population, ou un simple glissement de cette consommation des classes favorisées, vers les classes modestes, dont les effectifs sont plus nombreux.

Peut-être nous reprochera-t-on de proposer du phénomène de la drogue, une vision trop détachée. Mais l'anthropologie ne peut faire l'économie de cette distance par rapport aux individus et à leur drame personnel. Grâce à ce détachement, on comprend mieux les paradoxes extraordinaires que recèle la drogue, associée tout à la fois au bon et au mauvais, à l'interdit et au prescrit, à la liberté et à la dépendance, au religieux et au profane, à la vie et à la mort, à "l'acte gratuit" et à l'exploitation économique. La drogue se situe à la charnière de l'individuel et du social, du physique et du mental; pour cela elle permet un jeu social et un jeu intellectuel d'une ampleur exceptionnelle, suffisant peut-être à expliquer son développement quasiment universel.

Modifié par Dea, 18 mars 2005 - 03:54.


#24 phantom blue

phantom blue

    Membre astral

  • Membre
  • 159 messages

Posté 06 juillet 2005 - 10:08

Les drogues ne créent absolument rien.
Ce sont des substances chimiques naturelles ou artificielles, rien de plus. Elles ne contiennent aucun paradis, aucune vérité, aucun savoir. Elles ne font que réveiller certains états qui sommeillent en nous.

Tout est en nous.
Et nous pouvons atteindre ces merveilles de façon naturelle, et sans danger, avec nos propres moyens.

Alors pourquoi utilise-t-on des drogues ?
Parce qu'elles existent, parce qu'on en crée, et que des personnes sont toujours tentées de les utiliser, pour des raisons diverses : initiation, défonce, curiosité, dépression, etc.

Qui a le droit d'utiliser des drogues ?
La médecine, pour certaines thérapies, dans le but de soulager des souffrances, notamment en phase terminale des cancers.

Les chercheurs scientifiques, sous contrôle médical, pour en tester les différents effets. John Lilly, neuropsychiatre, l'a fait avec du LSD en caisson étanche (pour citer un exemple).

Les chamans et sorciers d'Amérique du Sud et d'Afrique (et autres tribus), vu qu'elles font partie de leurs cultures. Il faut savoir qu'ils passent par des rituels sacrés bien précis en rapport avec les esprits de la nature. Après tout, ça ne regarde qu'eux. Les résultats peuvent être positifs (je n'en doute pas, il existe des chamans et des sorciers sérieux), mais aussi négatifs (transes exhibitionnistes, convulsions, etc., relevant plus de la crise d'hystérie que de l'initiation proprement dite).

Pour ne citer que le fameux kif, il faut savoir qu'en arrivant chez nous, l'esprit de la plante a disparu. C'est cet esprit qui entraîne l'initiation, mais seulement dans des conditions très précises propres aux personnes citées plus haut. Commercialisé à des fins de défonce, il induit des états d'abrutissements qui peuvent entraîner des effets néfastes pour les usagers (la déformation de la personnalité et du comportement n'étant pas un des moindres).

ll faut savoir qu'en cueillant une plante sans rituel, son énergie est récupérée immédiatement par la terre. Les alchimistes qui travaillent avec la rosée et les plantes connaissent bien ce phénomène. Ils oeuvrent en veillant à ce que l'énergie soit conservée dans les plantes.

Mais puisque de toute façon on peut atteindre tous ces états sans drogues, pourquoi mettre en péril sa santé physique et psychique ? C'est complètement idiot ! En plus ça coûte un max de fric ! S'appauvrir sur tous les plans pour enrichir d'immondes crapules, quelle désolation, non ?  

LES ÉTATS SECONDS OU ÉTATS MODIFIES DE CONSCIENCE

Ces appellations sont impropres. Second signifie qu'il n'y a pas de troisième. Donc il y aurait un état premier, celui de la réalité que tout le monde connaît, la conscience normale et saine, et des états seconds, plus ou moins classés imaginaires et irréels par la psychanalyse occidentale, donc la conscience normale et saine mais modifiée. Le terme modification impliquant une déformation plutôt négative.

En fait la conscience est composée d'une multitude d'états, chaque état ayant un rapport avec un monde : réalité, plans oniriques, plans astraux, plans de l'univers (big bang), plans en-dehors de l'univers, etc.

Je prends l'exemple de la télé. TF1 représente la réalité (bien que ce soit une des chaînes les moins bonnes, mais la comparaison colle bien), FR2 les rêves, FR3 le 1er plan astral, etc. (je simplifie). Vous regardez TF1. Cette chaîne est donc objective, toutes les autres chaînes étant subjectives, vu que vous ne les regardez pas (bien qu'existant en même temps). Maintenant vous zappez et vous regardez FR2. TF1 devient subjective, FR2 objective. Dans le rêve, au moment où vous le vivez, tout est réel, si vous vous cognez vous avez mal, tout comme dans la réalité, surtout si le rêve n'est pas lucide, et donc que vous ne pouvez pas le contrôler. En regardant FR2, votre conscience n'est pas modifiée. Dans le rêve, vous pensez pareil que dans la réalité. Élargissez la comparaison au reste, et vous aurez une bonne vue d'ensemble !

On en vient aux états seconds obtenus sous drogues, avec visions, sensations tactiles etc., émotions extatiques de toutes sortes n'ayant aucun rapport avec la vision, les sensations et les émotions normales de l'état premier. Comme je l'ai dit, les drogues ne créent rien. Si les possibilités de ces visions, sensations, émotions de toutes sortes n'existaient pas en nous, elles n'existeraient tout simplement pas. Elles ne sont pas contenues dans les drogues. Elles font partie intégrante de notre conscience. Puisque ce sont les possibilités de cette dernière. Il y a donc un état premier, un état deuxième, un état troisième, etc., chaque état pouvant être objectif ou subjectif, suivant le zapping de la conscience.

En définitif, il faudrait dire : LES ÉTATS DE LA CONSCIENCE, et pourquoi pas : LES ÉTATS INFINIS DE LA CONSCIENCE.

#25 gwelan

gwelan

    Membre éthérique

  • Membre
  • 59 messages
  • Lieu:SalyNiakhNiakhal

Posté 06 juillet 2005 - 13:25

Je trouve que rien ne porte plus à caution que l'affirmation : "tout est en nous !"


C'est un voeux pieux et je suis très loin de penser que çà corresponde à une quelconque réalité.

Nous, déjà, que ce soit sur le plan physique ou sur le plan subtil, nous sommes fabriqué d'une matière ou d'une substance qui ne nous appartient pas, mais provient de nos ancêtres, et globalement de la matière (transformée) de la Terre ou du plan terrstre.

Ensuite, tout ce qui va participer à nous rendre viable ; tout vient de l'extérieur, l'air qu'on respire, la nouriture qu'on absorbe, l'eau que l'on boit !!

Quant aux pensées, elles se font dans une langue apprise, et les émotions, elles-mêmes sont des modes de comportements.

Tout est en nous ? Moi déjà je trouve que le nous pose problème à la base, ensuite le tout, je le vois surtout à l'extérieur. Mais on peut effectivement nier tout cela et penser que la réalité est tout autre ... et qu'on a besoin de rien.

Moi je serais plutôt à reconnaitre les vertues de l'osmose.

#26 phantom blue

phantom blue

    Membre astral

  • Membre
  • 159 messages

Posté 06 juillet 2005 - 15:08

Quand je dis "tout est en nous", je parle par rapport aux drogues. S'il n'y a pas de conscience, les drogues ne sont que des molécules inertes dans des flacons, des gélules, etc. Les drogues ne contiennent rien, nous contenons tous les effets de notre conscience. Donc tout est en nous.

Sinon tu as raison d'ajouter la 2e partie : ce qui est à l'extérieur.
Donc à ce moment-là on peut compléter : tout est en nous et hors de nous.
Et il y a donc une osmose, comme tu le dis.

#27 Isidore

Isidore

    Glisseur

  • Membre
  • 2 238 messages
  • Sexe:Homme
  • Lieu:Charleroi

Posté 06 juillet 2005 - 17:02

Citation

Commercialisé à des fins de défonce, il induit des états d'abrutissements qui peuvent entraîner des effets néfastes pour les usagers (la déformation de la personnalité et du comportement n'étant pas un des moindres).

:) Je suis pas tout à fait d'accord sur ce point. L'image que tu induis ici est l'image que les médias nous transmettent. Les reportages télévisés que l'on nous montre sur TF1 par exemple, et nous savons tous au combien cette chaîne est un ramassis de conditionnement et de fausses réalités, sont plein d'idées arrêtées sur cette thématique des drogues douces.

C'est clair que chez beaucoup de personnes, le but premier de leur consommation est la défonce, et l'intégration, l'assimilation à un groupe d'amis déjà fumeur.

Mais, de par mon expérience, je puis penser que, justement cet état modifié qui est absolument Faux ( et je te rejoins ), peut être un outil afin d'altérer sa perception. L'altération entraînant un vacillement des pensées, qui se "combattent", se "parlent", ou même se "chevauchent". Je pense que l'expérience en elle-même apporte une remise en question, à partir du moment où on l'utilise dans le but de s'observer uniquement.

La conscience intime, selon moi, reste intacte. Les très mauvais effets de la consommation dépendent de l'état d'esprit de la personne. Si elle se sent mal dans sa peau, dépressive, les effets négatifs se multiplient et attaquent l'ensemble de la pensée et de l'inconscience.

Cette réponse est davantage un témoignage qu'une contradiction à tes propos. Je sais que c'est temporaire si moi-même je suis consommateur, je ne devrais pas en avoir besoin. Mais cela fait partie de mon expérience. :)
Voir les portes de l'interdimensionnalité.

#28 Delhfe

Delhfe

    Membre causal

  • Membre
  • 722 messages
  • Sexe:Femme
  • Lieu:95

Posté 07 juillet 2005 - 08:09

Puisqu'on parle d'expérience intime, je dois dire que si je ne cautionne pas les personnes qui fument à outrance, personellement, à un moment très difficile de ma vie je peux dire que ça m'a sorti de mon marasme.

J'allais très mal et j'étais seule, tous les jours, toute la journée avec ce temps que ne passe pas et l'impossibilité de se projeter dans la minute suivante qui semble inacceptable.

Les pensées instables et inconstantes qui tournent et changent sans cesse. Ca m'a permis de me poser et de tenir le coup. Effectivement, j'ai appris à me placer en spectateur, à tout décortiquer et tout analyser, à trouver un fil conducteur logique et à me recentrer.

Disons que ce n'est pas ce qui m'a sauvé et sorti du trou (ça, c'est moi toute seule  ;) ), mais j'ai eu la chance de ne pas sombrer et ça m'a permis de me remettre en question et de me découvrir. Car je m'étais inconnue à ce jour. :lol:

Je sais que ça reste un sujet délicat à aborder, et je le fais pour aller dans le sens de Repti. Car c'est mon expérience et j'en suis consciente.
Même si l'idéal serait de rester sain.

#29 phantom blue

phantom blue

    Membre astral

  • Membre
  • 159 messages

Posté 07 juillet 2005 - 10:15

Repti, à la base, la conscience éveillée dans notre réalité suffit amplement pour s'observer. Tout part d'elle. La relaxation mentale permet de se déconnecter et d'accéder aux autres états de la conscience. Serais-tu fan du dérèglement raisonné de tous les sens de Rimbaud ?  :) D'après sa bio, il aurait goûté une fois à ça, à Paris, sans jamais recommencer. Remarque, il a dû sacrément carburer sur l'absinthe, ce qui n'est pas mieux.  :P

Je parle des personnes qui fument dans un but gratuit de défonce, image véhiculée il est vrai par les médias. Remarque, j'ai des potes qui fument, et quand je les rencontre, c'est moi qui hallucine en les voyant. J'ai parfois l'impression de discuter avec des hologrammes. Et cela altère leur vie de couple (surtout si la copine fume aussi, ce qui est souvent le cas).

Oui, la conscience intime reste intacte, vu qu'on peut de nouveau y accéder, s'il n'y a pas de dégâts au niveau physique (cerveau) et donc psychique. Sous l'effet des drogues, dans tous les cas, la conscience intime est quand même malmenée, plus ou moins fortement. Ca va de la petite secousse des pensées (comme tu dis) au délire paranoïaque pouvant conduire à des actes dangereux (drogues dures).

Delhfe, en fait c'est ta force de caractère, que tu ne soupçonnais pas (on la découvre vraiment dans les épreuves), qui t'a permis finalement de sortir de cette période noire. Fumer a juste apaisé une souffrance intérieure. Je comprends très bien qu'à certains moments la vie peut devenir un véritable supplice. Ceux qui ne sont jamais passés par là ne pourront pas comprendre. C'est parfois tout simplement l'enfer. Tu avais cette possibilité. Le hasard n'existe pas. Le ciel a estimé que c'était un remède provisoire, le temps que tu refasses surface.  B)

Maintenant as-tu analysé pourquoi tu étais seule ? Comment tu en es arrivée là ? Penses-tu avoir eu ou non une part de responsabilité dans ce qui t'arrivais ? Des actions ou des comportements inappropriés qui t'ont conduit dans cette période noire ?

#30 Delhfe

Delhfe

    Membre causal

  • Membre
  • 722 messages
  • Sexe:Femme
  • Lieu:95

Posté 07 juillet 2005 - 10:27

Citation

Delhfe, en fait c'est ta force de caractère, que tu ne soupçonnais pas (on la découvre vraiment dans les épreuves), qui t'a permis finalement de sortir de cette période noire. Fumer a juste apaisé une souffrance intérieure. Je comprends très bien qu'à certains moments la vie peut devenir un véritable supplice. Ceux qui ne sont jamais passés par là ne pourront pas comprendre. C'est parfois tout simplement l'enfer. Tu avais cette possibilité. Le hasard n'existe pas. Le ciel a estimé que c'était un remède provisoire, le temps que tu refasses surface

Tout à fait

Citation

Maintenant as-tu analysé pourquoi tu étais seule ? Comment tu en es arrivée là ? Penses-tu avoir eu ou non une part de responsabilité dans ce qui t'arrivais ? Des actions ou des comportements inappropriés qui t'ont conduit dans cette période noire ?

Yep.

Rires. ;)

Je suis en train de lire : La porte intérieure de Marc San
Ca traduit exactement mon cheminement. les mots sont les miens et l'ouverture est conparable. Très enrichisant et beaucoup de mots justes.

Modifié par Delhfe, 07 juillet 2005 - 10:30.






0 utilisateur(s) li(sen)t ce sujet

membre(s), invité(s), utilisateur(s) anonyme(s)